Semaine du 17 au 23 novembre 1981

CINEMA

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~ rTHEATRE

L’EXPRESS —- 7

' Quatuor

, Une raviss

par Pierre Robitaille

Quatuor (au cinéma In- ternational) est la quatrieme adaptation cinématographique par James Ivory d’une oeuvre littéraire préexistante.

IVory a choisi ici le livre de Jean Rhys, e'crit en 1928, un roman fortement autobiographique, dans le- quel l’auteur raconte sa vie de femme au cours des années vingt, dans les

milieux du , Montparnasse.

de la Belle Epoque.

Pour Marya, délaissée par Stephan puis enlacée dans un étrange ménage a trois avec le couple Heidler, comme pour toutes les héro'ines de l’auteur, c’est la solitude, la soumission au destin, l’accusation de l’hon‘ime et de son égo'isme.

De par sa photographic et sa direction artistique, Quatuor ‘présen‘te une ravissante patine. A un cer— tain moment, Marya (Isabelle Adjani) respire 1e parfum de la femme avec laquelle Stephan, son an- eien amant, se prepare a partir; elle nomme un pro- duit «Non, lui re'pond l’autre femme, c’est “L’Heure Bleue”». Une attention aussi minutieuse au détail révélateur est évidente tout au long du film.

A certaines reprises, cet effort concentré sur l’art et

les articles d’une société en.

changement est teintée d’un réel plaisir de dilet— tante.

Apres que Heidler (Alan Bates) ait séduit Marya, la camera s’attarde sur la

main de la jeune fille, 1e membre ferme et innocent, versant du lait frais d’une exquise jatte de porcelaine

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ante patine

Isabelle Adjanl dans Quatuor

“art nouveau”;l Heidler, plus tard, observe sans fre’mir l’expression pemée

de son épouse Lo‘1’s (Mag- _

gie Smith) tout en dégus— tant avec gourmandise une tasse de café‘au lait bien fumant.

Les plaisirs sensuels et gastronomiques sont une source incessante de délices et d’attentions pour le réalisateur et le film regorge de félicités. Les moments les .plus diver— tissants du film sont aussi purement incidentaux deux numéros de jazz ironiques par la chanteuse Armélia McQueen; un trio dansant' hilarant, “Les Oiseaux”, formé de trois

.filles rachitiques et malhabiles; l’audition brave mais de’sastreuse-

ment maladroite de Marya devant deux imprésarios poliment indifférents.

de gus d’oronge

l rnesure de Pernod

Rotroichissont, Fr'Ongois & Different

-.L .. t‘

: tionneurs deg Royal India

5 mesures

Le Paris de James IvOry n’est pas celui ordinaire- ment concu par Hollywood. 11 a un aspect moelleux, méticuleusement reconstitué et un peu ide’alisé.

On y 'retrouve des con— cierges solides et fideles comme des dogues. On y entrevoit desx putains voluptue'usement mystérieuses. Le c0uple étranger, Heidler et Lois, qui y réside (comme les autres paires qui barbotent dans le patronage artisti- que et. l’entraide fausse- ment désintéressée) semble légerement distanciée de son environnement art déco.

En fait, les decorations qui ornent le film sont simplement traversées par les protagonistes.

Les personnages d’ex- patriées du récit, comme les touristes et les collec-

, - I I I I (realise precedemment par Ivory), sont toUs en transit,

' étrangement instables.

, Le coeur du sujet réside cependant dans le quatuor

: sombre et affaibli, la tdile tissée de liens de dépen-_

dance, de compromis et de dup11c1té qui enserrent .et étouffent Marya, et qu’elle

' tente faiblement de briser.

, Heidler (le personage de

Ford Maddox Ford du '

Agents: Wntleys I muted , récit original Ole RhYS) ap-

._ .—

.. .Jr; parait

dans l’adaptation

e’

d’Ivory et de Jhabuala comme une figure masculine anémique, égo’iste, anime’e de pulsions érotiques contemplatives. Les femmes sont ici des victimes pre'destinées eon- sentantes mais néanmoins capables de preservation. Ivory relie les fils de l’in- trigue avec tact et subtilité, 1e narratif gardant une éle’gante et fascinante sinuosité. Malheureusement, les acteurs, perdus dans leurs poses et leurs brillants

costumes ‘d’époque,- sont'

navrants, mous et sans pre’sence. Marya, l’alter ego de

Rhys, est une poupe’e de chiffon que se partage allegrement les deux com- parses. Elle est pein- turlurée comme une Lolita mais étrangement frigide.

Adjani, Bates et Smith, ont rarement été aussi mal .

utilisés on Si peu convain- cus de leur role.

Le ton particulier du roman, compliqué, ressenti (et probablement 'in- traduisible au cinéma), a échappé a Ivory. 11 a choisi plutot' d’utilise: 1a trame, reniant l’atmosphere, pour la transformer en une méditation intime et amere sur la decadence et la nature éphémére de l’ex- istence dans un cadre légerement laquéde gaité et de splendeur.

r i . I A . . Cochez cette case 81 vous pensez etre admlSSlble au

HI

Si vous avez coché

ilse peut que vous soye

V

éléments suivants du regime:

1.

Si vous avez plus de 5 pour cent d’avorr propre dans votre maison. votre préteur pourrait

OU

consentir a reporter pendant un an vos palements d'intérét. jusqu'a

concurrence de $3 000.

Pour en savoir davantage sur les criteres d’admiSsibilité et sur le projet de Régime canadien de renouvellement hypothecaire, il vous suffit de composer. sans frais d'interurbain, l’un ou l’autre des

numéros de téléphone suivants:

Société canadienne

d’hypothéques et de logement

Oui, j’habite en permanence mon propre ‘logement.

2 Si vous avez moins de Spour cent

. d’avoi'rpropre dans votre maison. vous pourriez avoir droit pendant un an,

a une subvention pouvant s‘élever a $3 000 (qui serait versée a votre préteur par ,

tranches mensuelles).

Sans frais:

V 1-800-267-3780

sauf la région d‘Ottawa-Hull: 744-2455

Toll-Free:

1-800-267-4140

except within Ottawa-Hull area, call: 744-3570

Canada Mortgage

L’honorable Paul Cosgrove

ministre

and Housing Corporation

L’ATTENTION DES » PROPRIETAIRES- 3 OCCUPANTS \

Regime canadien de renouvellement hypothéc‘aire proposé dans le discours du budget du 12 novembre 1981.

Oui, apres 1e renouvellement de mes dettes hypothécaires, je calcule devoir'pay‘er en principal, intérét et taxes (plus

. 50 0/o des frais de copropriété, selon le cas], plus de trente

, t , pour cent de mon revenu total de ménage avant impot.

les deux cases précédentes, ' z admlSSlble :31 Pm des

Canad'a'

' entreprise.

Rock and Roll

Le cap des années cinquante

par Pierre Robitaille La comédie muswale

”semble 1e véhicule the’étral

idéal pour cristalliser les

contours d’une generation,-

sinon l’explorer. On concocta d’abOrd

l’e'ternel The boy friend

pour saisir l’effervescence des années folles. Les plaisirs aigres-doux de la Depression trouverent ex- pression dans No, No, Nanette. L’héro'ine sublimée des années de guerre passa dans Super- man.

. La liberalisation sexuelle et philosophique s’épanouit dans Hair.

Rock and Roll (au Young People’s Theatre a Toronto), comme l’illustre Grease, s’adresse au groupe des adolescents tur- bulents qui franchissent le cap des années cinquante.

'Rock‘and Roll est un ex- ercice de réflexion amoureusement moqueur. L’ironie s’entreméle a la reconstitution soignée des sons et des gestes d’une époque. John Gray, dans son livret et ses airs, a habileme’nt introduit tous les cliches typiques du désoeuvrement, fougue mal contenue et de l’érotisme qui habitaient la culture populaire d’alors.

Il détaille l’habillement tape-a-l’oeil, les maniérismes sociaux d’une petite communaute’ recule’e. Le, patois clin-

quant et les toisons brillana ..tine'es. Surtout, il capture

la musique, puisqu‘e d’une certaine facon, les “hit- parade” de notre passé col- lectif, .pouls du moment, semblent plus apte a refléter des asspciations de souvenirs que’toute autre relique musicale.

C’est donc la musique , qui assure 1e succés de cette

fidelement 1e son de Buddy

. Holly, l’harmonie des Plat-

ters, l’énergie fiévreuse d’Elvis Presley, l’invention de Chuck Berry et l’in- ge’nuité .des ,Everly Brothers.

A cette scéance de la construction s’ajoute un

. flair méthodique pétillant.

L’amalgame est fluide et prenant, et John Gray

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\—

De g. a d. :‘Charles Page Fletcher, Frank MacKay, John Rutter, Alec Wlllows, Andrew Rhodes et Barbara Williams dans Rock and Roll a l’afflche du Young People’s Theatre jusqu’au 12 décembre.

de la‘

Elle reproduit

' stamment

' ailleurs,

transcende 1e seul et habile de'calque.

Il ne s’est pas seulement efforcéde parodier une ere précise, i1 nous convainct qu’il l’affectionne sincere- ment. II a bien compris que pour réussir, 1e spectacle musical a saveur nostalgi— que, s’il est doublé d’une satire chaleureuse, doit aussi scrupuleusement en reproduire l’essence, la respecter, meme si

cierement de’passé‘s.

Gray vn’explore pas seulement l’innocence relative de la premiere génération d’apres-guerre, i1 nous présente en germes

vulgaires ou

la veulerie et la médiocrité j vont finalement en

qui saper les réves et les illu-

sions. . . Le mince livret, cons-

truit en retours en arriere, suit strictement les tribula- tlons d’un groupe rock, “The ‘Monarchs”, les vedettes établies de la petite ville de Mushaboom en Nouvelle-Ecosse.

Le narratif s’efface con— derriere les chansons, limitant les details a une structuration restrein'te des personnages.

En fait, ce sont surtout, des silhouettes habillées de. 'clichés. Seuls Manny (Alec Willows), le batteur juif et névrosé, et Parker (Frank MacKay), 1e balourd aux ambitions artistiques, s’in- scrivent plus distinctement. Nous ne sommes pas, par convaincus que Screaming John (Charles Page Fletcher), 1e fantéme du rock, soit une trouvaille heureuse. Cette figure am- bigue et crépusculaire fait vaciller la parodie en fan- taisie et boulverse le fréle Climat réaliste du récit, cela meme si ses nume’ros de scene sont sensationnels.

Le manque d’étoffe du livret empéche le spec- tateur de s’impliquer avec sympathie a l’égar‘d des rates inoffensif's, habités d’une mentalité vulgaire, qui s’égosillent sur scene le samedi soir pour oublier la fadeur des autres jours, projettent d’accrocher une fille facile, et, peut-étre, de se la taper dans un coin en-

}; WSW/Q

-1

] m , _ fl/ gush/“9' , w. Manny 567 > 0698 ‘Lundi - Mardi ‘midi a minuit fiSamedi , 16h p.m. - minuit Fermé le dimapche

on ridiculise des travers fon-

l

tre deux bieres. Néanmoins 1a produc- tion est re’ussie. Arthur Penson, 1e décorateur, a bien reconstitué l’allure de la période : un auditorium mauve sale, des costumes aux couleurs criardes, la carcasse d’un'e de’capotable rouge vif. Si les

comédiens ap-

paraissent trop vieux pour

,magnifiquement,

leur role (ils ont 16 ans), leur dialectique et leur posture vigoureusement réalisées nous ramenent vingt ans en arriere. 113 in- terprétent les chansons avec cohésion et discipline. C’est 1a un spectacle divertissant et bien rodé; un tour de chant plutot qu’un portrait dramatique.

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