L’EXPRESS, semeine du 22 au 28 février 1980 - 25

Les scandaleSbelges

1

Au bane des accuses: juges et policiers .

De notre correspondent a Bruxelles ——

Guy Lassole

El Pour le commun des mortels, la Belgique est un pays grand comme un mouchoir de dame, soeur de la France a l’ombre dc laquelle elle vit sans faire d’histoires.

Quatre affaires reten- tissantes, quatre scanda- les, viennent‘pourtant de jeter un pave dans la ma- re, éclaboussant . les mi— lieux de la bourgeoisie et de la magistrature belges.

La premiere de ces af- faires s’est passée a Gand oil un eminent juge d’ins- truction, a la veille

d’occuper le plus haut poste de la magistrature, s’est vu passer les menot- tes comme un vulgaire voleur a la tire pour une sombre machination cri— minelle.

Le juge Jespers, grand bourgeois, dans la qua- rantaine, marié et pere de deux enfants, jouissant d’une fortune conforta- ble et de la consideration generale, aurait charge une «relation» douteuse, garagiste de son état, prét a tous les traffics, d’ins-

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dement dans la Mercedes de son épouse pour simu- ler un accident et réussir le crime parfait.

Cette operation aurait

été commandee pour lui.

permettre de retrouver une liberté necessaire et régulariser une union jusque la clandestine avec une amie de longue date.

Le garagiste, alléché par la promesse d’une somme rondelette et la perspective de s’assurer l’impunité grace au juge, aurait confectionné la machine infernale. Celle- ci explosa effectivement mais n’endommagea que le véhicule dont l’épouse sortit, blanche de peur mais sans une égratignu- re. Cette premiere tentati- ve ayant échouée, le juge a en croire l'accusa- tion aurait pris lui- méme la direction des operations et, quelques mois plus tard, on retrouva son épouse mor- te dans sa baIgnoire.

L’enquete d’usage, fai- te par un médecin légiste dans un esprit de routine, conclut a une mort consecutive a un malaise provoqué par l’abus de médicaments.

L’affaire ne serait pas venue au grand jour si le garagiste, impliqué dans une histoire de vol avec effraction et se sentant perdu, n’avait dénoncé son'honorablc protecteur et a porté une telle abon ance de details que la justice, se drapant dans son manteau de ver- tu, n’a rien pu faire de

mieux que de procéder a l’arrestation de son in- digne serviteur.

Le proces fut une gran- de piece a suspense oil acteurs principaux et se- conds roles se succéde- rent sur la scene, appor- tant chacun un morceau du casse-téte de la per- sonnalité des deux preve-

accuses accusateurs.

A vrai dire, le juge se défendit mollement alors que le garagiste mit toutc sa hargne a convaincre le jury de la culpabilité du magistrat, revenant a la charge chaque fois que l’avocat de ce dernier ébranlait son auditoire. D’autant plus ue les deux prévenus evaient également ondre d’un autre chef ’accusation: extorsion de fonds a per- sonnes agées.

Tout cela etait bien trouble. Au dela de l’in- noccnce possible du juge, une question se posait: comment expliquer l’amitié ,antérieure et les relations assidues de cet honorable magistrat avec cet homme sans foi ni loi, propriétaire d’un bar a- vec entraineuses et mélé aux trafics les plus lou- ches?

Oui, comment l’expli- quer, si ce n’est par l'uti- lisation de l’un par l’au- tre? Malgrév les dénéga- tions du juge, en depit du talent de ses avocats, le principal accuse devait payer l’affront. Verdict: 20 ans pour le juge Jes- pers et 15 pour le gara- giste.

DES POLICIERS DANGEUREUX

Le Palais de justice résonnait encore de ce lourd verdict qu’éclatait , a Bruxelles l’affaires des policiers d’Icelles, commune bourgeoise de la capitale ou la nouvelle vint ébranler la confian- ce des citoyejns clans leur corps de police.

nus: juge et garagiste,

En ouvrant leur jour- nal au petit déjeuner et en apprenant qu’un com- missaire connu, un haut grade et toute une série d’agents de police ve- naient d’étre mis sous les verrous, les braves habi- tants se mirent a trembler pour leurs economies et a verifier la solidité dc leurs serrures.

Que s’était-il passe?

Voulant améliorer leur «ordinaire», ces policiers n’avaient rien trouvé mieux que d’attaquer les bijouterie pendant leurs heures de service, mais apres celles d’ouverture

.des magasins concernés.

La formule était simple et, semble-t-il, efficace: une patrouille jetait .un pave dans la vitrIne de la bijouterie et s’emparait en deux temps trois mouve- ments des pieces 'les plus accessibles.

L’alerte était donnée, une seconde patrouille arrivait sur les lieux et, a la faveur de cette inter- vention rapide et manda- tée, subtilisait encore quelques objets de va- leur. -

Travail d’équipe, bien orchestré et sans bavures, qui' aurait mene ses au-

,C’était

teurs a la prospérité si l’épouse délaissée d’un petit agent de cette briga- de... volante n’avait vidé son sac de billes sur le bureau d’un juge integre.

L’affaire fit bien enten- du les ‘gros titres des journaux tandis que dans les rues bruxelloises, les agents se faisaient tout petits ct évitaient les re- gards des passants go- guenards.

Si on ajoute que le commissaire, principal inculpé, dfi comparaitre en meme temps que sa fille et son fils, partici- pants actifs dans ces ope-

‘rations dc commandos,

et que la premiere, pour croustiller le tout, se prétendit victime d’un viol perpétré par l’ins— pecteur charge de mener l’enquéte qu’elle aurait «enjolé» au sortir d’un interrogatoire, on donne a penser le climat du pro- ces qui fut aussi celui de la sélection et du recrute- ment du personnel poli- cier.

Entre un et cinq ans de prison, suivant le grade, fort bien pa-

é... I éuite la semaine 'prochaine)

L’URSS detourne

des hérita’ges

Cl Des representants de la communauté ukrai- nienne canadienne ont révélé au procureur general de l’Ontario, Roy McMurtry, que le gou- vernement de l’b,.R..S.S. s’appropriait les biens mobiliers et immobiliers laissés en heritage a des parents on amis derriere le Rideau de Fer par des citoyens canadzmm.

C’est ce qu’a fait savoir le ministre McMurtry 1e 20 fevrier en annoncant qu’il prenait les mesures nécessaires afin que les

legs parviennent bel et bien a leur destinataires.

Des millions de dollars seraient en jeu et le gou- vernement soviétique posséderait déja au moins un tiers des biens immobiliers donnés en heritage, selon des sour- ces canado-ukrainiennes.

A New-York, les tribu- nauX‘ont résolu 1e pro- bleme en s’appropriant temporairement l’hérita- ge jusqu’a ce qu’ ils aient la conviction que la recla— mation est valide. et que les biens iront a leur des- tinataires. I

Les problemes de l’Europe des ((Neuf ))

El Plus‘ de vingt ans apres sa creation, la Communauté ‘économique européen- ne s’est déja mieux portée qu’aujour- d’hui. La recession mondiale n’arrange pas les choses. La C.E.E. va devoir résoudre dans un proche avenir trois problemes qui lui sont propres: régler le conflit qui oppose Londres a ses huit partenaires, éviter l’affrontement insti- tutionnel sur le budget entre le Parle- ment européen et le Conseil des minis- tres et cnfin, reformer «l’Europe verte».

Lorsque la Grande-Bretagne est en- tree dans ‘le Marche Commun euro- péen, elle eut droit a une periode tran- sitoire qui lui accordait certaines facili- tés. Elle pouvait ar exemple importer sans autre forme e proces des produits venant des pays du Commonwealth (le sucre entre autres).

Aujourd’hui, cette période transitoire a pris fin et, comme ses collegues, la Grande-Bretagne doit payer un impot sur les produits importés d’autres pays que ceux qui composent la C.E.E. Mme Thatcher, premier ministre britannique, estime que sa contribution au Marche Commun est trop importante et veut la réduire d’un milliard de dollars. Pas question, rétorquent ses huit partenai— res. 11 ac s’agit pas d’unc contribution britannique mais d’un impot percu par l’administration de ce pays au nom de la C.E.E. '

De jure, cette interpretation est inat~ taquable. De facto, les «huit» recon~

naissent une partie du bien fondé de la '

position britannique et proposent une reduction de $0.7 miliiard de dollars. Ils craigncnt en effet que Mme That- cher ne pratique la politique de la «chaise vide», tactique misc au point et appliquée par le Général De Gaulle et qui bloque tous les mécanismes euro- péens. '

L‘EUROPE VERTE

Deuxieme défi pour les institutions européennes: l’Europe verte, L’Europe agricolc est le seul domaine ou l’inté- gration europeenne soit vraiment effec- tive. Elle fournit en effet une grande partie du budget europeen (par, entre autres, la taxe appliquée sur les pro- duits venant de l’étranger) mais cofite egalement beaucoup d’argent aux Com- munautés au detriment d’autres secteurs comme celui des regions en difficulté.

D’Europe verte est parvenue jusqu’a

present a garantir un minimum dc rever

nus aux agriculteurs européens'ensub— Sidiant certams secteurs. Ces secteurs se sont anormalement developpés, grace a

ces subsides, et l’Europe a un excédent laitier assez faramineux.

( La meme politique agricole avait produit exactement les memes effets au Canada il y a quelques années, ce qui avait donné lieu a des manifestations de producteurs laitiers sur la colline parle- mentaire a Ottawa lorsque le gouverne- ment avait refuse d‘acheter——- aux rix

.forts fixes d’avance -— la surpro uc~

tion.)

Ici encore, on retrouve la Grande- Bretagne qui, aux Cotes de l’Italie, vou- drait plafonner Ies dépenses agricoles, ce qui signifierait a plus ou moins long terme la fin du systeme des prix garantis aux agriculteurs européens.

La Commission européenne (organe que l’on peut apparenter a l’executif, le pouvoir législatrf étant pratiquement entre les mains du Conseil des ministres européens) a propose une reduction d’un milliard et demi de dollars an bud- get de l’Europe verte. Les ministres dc l’agriculture sont donc condamnés a s’entendre, pris qu’ils sont entre les agriculteurs de leurs ays et la. perspec- tive de voir passer l’ urope verte, leur enfant, a trépas.

LE BUDGET DE L‘EUROPE

Troisieme epine dans le pied de dame Europe: son budget general.

En juin dernier, et pour la premiere fois,‘les parlementaires europeens n’é- taient plus designes par leurs parlemen- taires nationaux mais étaient 6113:; an suffrage universel direct.

La seuie veritable competence du parlement de Strasbourg est son droit de veto sur le budget. Pour différentes raisons, dont la principale est la part trop belle faite a [Euro e verte, le par- lement a refuse le bu get 1980, obli- geant ainsi les communautés européen- nes a vivre pendant plusieurs mois au rythme des douziemes provisoires (chaque mois, on «deblo ue» un dou- zieme du budget adopté lannée prece— dente).

Le conflit est ouvert entre les 410 députés européens qui ne veulent plus jouer le role de simple organe consulta- tif et le Conseil des ministres ui, de~ puis vingt ans, fait la luie et e beau temps des communaut s européennes.

Voila les trois problémcs maj‘ours qui attendent les institutions europeennes cette année. D’autres se pointent a l’ho- rizon car on sepousse au rtillon de la C.E.E.: to; Portugal, we ' '* ' ' '

Gre'c'e et la Yougmrunevdޤenr i3

joindre aux «neuf» lGuy Lassole

personnel et de la paie.

“Relevé d’emploi”.

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Comment remplir le releve d’emplol

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La bonne forme, c’est au moins a tous ~<; les deux iours. Pant/ammo!)

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Fonctinns

Le Releve’ d ’emploi est le cemficat de cessation d ’emploi que l’employeur doit remplir lorsqu ’un employé cesse de travailler pour lui. [lest ne'cessaire pour la demande

a' ’assura nce-chémage.

Les employeurs peuvent facilement obtenir notre guide “Comment remplir le Relevé d’emploi”. Nous avons demandé au personnel des Centres d’Emploi du Canada d’accorder une attention particuliere aux demandes de renseignements sur le Relevé d’emploi.

Vous pouvez nous aider en veillant a ce que ie Relevé d’emploi soit rempli avec exactitude.

Traitement: $28 227 a $31 514 No de reference: 80‘SM-OC-COL-CR-927 Commissaire aux Langues Officialles Direction des études spéciales

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Evaluer l'efficience et l’efficacité des programmes des lan- Pe- gues officielles des divers ministéres, agences et sociétés de la couronne et agir a titre d’expert-conseil en matiére de verification linguistique: assurer la liaison auprés d’un grou Ce d'organismes federaux.

Conditions de candidature

Diplome universitaire avec specialisation en administra- tion, commerce, économie ou dans un autre domaine lié aux foncrions du poste. Vaste experience dans la conduite d’analyses et d’évaluarions d'organismes a caractére com- plexe, dans la verification de la gestion, la redaction de rapports et dans la gestion des ressources.

Engences linguistiques La connaissance des deux langues officieHes est essentiel—

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Assurez-vous que les responsables du service du personnel ou de la paie comprennent bien toute l’importance du Relevé d’emploi.

Le Relevé d’emploi est la piece la plus importante dc tout le mécanisme du Regime d’assurance—chdmage du Canada. D’ailleurs, la Loi exige dc l’employeur qu’il remplisse promptement et avec exactitude ce Relevé.

Avec la collaboration des employeurs, nous pou- vons contenir 1e cofit dc l’assurance-chémage.

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Nous voulons vous aider a procéder le plus correcternent possible.

Pour cela, nous avons prepare une nouvelle formule de Relevé d’em- ploi. Elle est plus détaillée. De cette facon, si vous la remplissez avec exactitude, vous nous alderez non Comment so porter candid." settlement 5 verser aux En voyez votre demande d'emploi ou votre curriculum vitae

assures les prestations auxquelles 11$ ont dron, mais 6;.

aussi parfois a éviter des trop-payés. (Vous remarquerez I * Emploi et Employment and

que cette formule est numérotée, pour nous permettre Immigration Canada Immigration Canada ' un contréle plus rigoureux.)

ie. En raison de la nature de ce poste Ia connaissance des deux langues officialles est immédiatement exigée.

Ce guide. lacile a utiliser, vous aidera a remplir correctement Ie releve d‘omptoi. Canarl‘a‘

”De plus amples information: sont disponibles en écrivant a I'adresse suivan re; _ . Job information is available in English and may be obtained by writing to the address below".

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Suzanne Mahoney, Agent do dotation Programme de dotation dos cadres supérieurs Commission de la Function publique du Canada L'Esplanade Laurier, Tour ouest, Piece 1768 Ottawa (Ontario)

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Tél.: (613) 995-6454

Date limite: ie 13 mars 1980

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