DISTRIBUTIONS DEA-U. 3H

lations dégénérées. Pline accuse une fontaine d’Ethiopie et raconte aussi que dans Pltalie transpadane les femmes se parent de colliers (Pambre, dans le but de dissimuler leur goitre an a Pusage des mauvaises eaux. On trouve dans Ovide un passage significatif :

. . . . Sunt qui non corpora tantum‘ Verum animos etiam valcant mutare liquores.

' Vitruve sexprime dans le meme sens.

Aux XVIm° et XVIII“ siécles, plusieurs auteurs reviennent sur l’idée de Pinfluence nuisible de certaines eaux. Pour Paracelse et Laugius, ice sont celles qui traversent des minéraux et des métaug: qui sont mauvaises. Agricola signale une fontaine goitrigéne dans les Grisons, et Wagner dé- signe et nomme un grand nombre de sources idonnant le goitre qu’il appelle des ~ Kropfbrunnen n. Lombrosso fait cette observation bien significative: que les conscrits de la Lombardie se rendent a Cavacurta on ils acquie- rent en quinze jours le goitre par Pusage des sources de la localité et parviennent a s’exempter du service militaire.

Vers la fin du siécle dernier et an commencement du notre, il se fit un revirement sur ces opinions. Les grandes (lécouvertes de la chimie contem- poraine paraissaient autoriser la negation de tout agent dont elle ne pouvait expérimentalement clémontrer l’existence _: Panalyse des eaux potables, si soigneusement qu’elle fut faite, n’ayant pas conduit a la constatation du principe nuisible, on conclut que ce principe n’existait pas.

h Inspirés par cet esprit prétendu scientifique, bon nombre (Pauteurs dédai- gnérent de s’occuper-d'un simple K préjugé n; et c’est ainsi que la Commis- sion instituée par 1e Gouvernement (lu Piémont en 1844 arriva a con- clure que les eaux pot-ables sont sans influence aucune sur 1a production de la dégénérescence crétineuse. ljautorité de cette Commission, trés- justifiée lorsqu’il s’agit de la description du crétinisme, a en pour conse- quence Parlhésion d’un certain nombre (Pauteurs qui ont depuis traité ce sujet. I1 nous p iait plus rationnel de se placer an point de vue des fnits, (leles observer attentivement ct d’en tirer les conclusions qui s’y rattachent directement. Ces fnitS sont innombrables.

D'aprés M. Saint-Lager, un des partisans les plus convaincus (le la no- cuité des eaux en pays endémiques, les hahitants de la commune cle Snillon, dans le Valais, qui avaient été exempts de Yendémie, ,l’ont vu naitre dans leur milieu pour avoir remonté d’une centaine cle metres la prise cl’eau qui alimentait leur fontaine. Le méme auteur a observé dans le Dauphiné et la Savoie, en Piémont et en Suisse des exemples trés-nombreux (Tamélio-