458 PREMIERE SECTION. HYGIENE MEDICALE.

hygiéniques des classes pauvres, en tachant de subvenir aux besoins les plus urgents chez les personnes qui portent les signes précurseurs du mal; on a mis ainsi les indigents sous la tutelle des classes aisees. Ce sont 1a evidemment des moyens tres-eflicaces pour enrayer la marche et diminuer Fextension du cholera. Nous en avons fait amplement Pexpérience daua Pépidemie de 1866 en Russie. Déja, en octobre 1865, nous pouvions prédire, d’aprés certains indices, Papparition du cholera pour Pete suivant. Nous avons eu alors le temps dbrganiser un Comite dirigeant principal, de dlistribuer la ville de St-Pétersbourg en sections sanitaires, d’augmenter- les mesures d’assainissement et de desinfection, de surveiller séverement le marche des vivres et les marchands de comestibles de la capitale, enfin d'organiser des hepitaux et des ambulances temporaires ainsi qu’un service pour les visites preventives et pour les premiers secours a donner. Nous faisions face de cette facon aux symptomes précurseurs du cho- léra-.

C’est sur ce point essentiel : reconnaitre les symptomes precurseurs de Tepidémie et garantir la sante publique par des mesures preventives, que nous voulons appeler toute Pattention des membres du Congres (Yhygiene et de sauvetage. Nous savons bien que tous les auteurs parlent de la diarrhée premonitoire pdu cholera et de l’importance de son traitement; mais notre experience nous a demontre: que les prodromes du cholera, sont tres-differents et, par suite, exigent un traitement variable; qu’il faut pour Pusage pratique, contrairement a la methode des statisticians, dater le commencement de la maladie de Papparition de ces symptemes précurseurs et envisager le cholera confirmé, justement appelé ‘la période algide du mal, commel’issue fatale de la maladie,que tous nos efibrts doivent tendre a prevenir. C’est la vulgarisation dans le public de 1a connaissance

des prodromes et des moyens de les combattre qui nous apuissamment aidés '

en Russie a étouiier, pour ainsi dire ,' l’epidemie dans son germe.

Nous avons vu le cholera, en 1866, surgir a tour de role de quatre groupes daifections egastriques, bien distinetes entr’elles et pourtant égar lement dangereuses, puisqu.’elles disposent les personnes qu’elles atteignent aux attaques de 1a maladie epidemique. Ces quatre groupes d’afl‘ections prodromiques sont: les indigestions, la polycholie, le catarrhe aigu gastro- intestinal et la cholerine.

Les indigestions sont beaucoup plus nombreuses qu’on ne le croit pendant 1e regne d’une epidemic cholérique. La force digestive etant gene¢ ralement diminuée chez les habitants d’une localite infectee, les aliments grossiers dont se nourrit le peuple sont souvent peu ou mal digeres. Ajou- tez a cela Pabus des alcooliques et des fruits encore verts qui, rejetés par les classes aisees comme nuisibles, tentent les pauvres par leur