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savoir si Pintervention du gouvernement est utile, ou s’il est preferable do sadresseruniquement a l’initiative privée.

Tout en laissant la place ouverte a la discussion, on nous permettra de faire remarquer que le plus grand nombre des specialistes se prononce pour la seconde solution; le libéré, qui verra dans le patronage prive une bienveillante protection, ne verra plus dans le patronage gouvernemental qu’une forme deguisee de la surveillance de la police.

Ce sentiment est si naturel que tous les eiforts et les raisonnements ne parviendront pas a le faire disparaitre, et Foeuvre avortera.

¢ C’est done une des conditions du patronage, disait, en 1873, la Cour » de Cessation de France, d’eloigner, par des formes discretes et protec— n trices, toute idee de surveillance administrative. »

Les Cours d’Appel de Toulouse et de Bordeaux, consultées par le gou- vernement, en 1872, sur le meme objet, ont emis l'avis que l’oeuvre du patronage doit etre libre et non gouvernementale.

Ces magistrats, assurement competents, pensaient que les comites doi- vent etre composes de toutes les personnes qui, dans un but de charite on de philanthropie, voudront bien se réunir pour l’acc0mplissement de cette oeuvre d'utilite publique.

M. Faustin Helie, le jurisconsulte criminaliste franqais, dont l’autorite ne peut etre meconnue, partage la meme opinion.

Elle a egalement eté deiendue avec energie par M. Stevens, inspecteur general des prisons en Belgique, notamment dans un mémoire presenté au Congres des Sociales a Bruxelles, en 1862, et dans la deposition que ce fonctionnaire a éte appele a. faire lors de Penquete parlementaire, _en France, sur le regime penitentiaire, en 1872.

Aioutons que le patronage, qui avait requ en Belgique, en 1835 et notamment en 1848, par Parrete royal du 12 décembre de cette annee, une organisaiton complete, n’existe plus aujourd’hui dans notre pays. ll est tombe a cause do son caractere ofliciel; les detenus liberes confondaient dans une égale reprobation le patronage et la surveillance de la police.

Aussi,le 19 janvier 1857, le gouvernement adressait aux gouverneurs de province une circulaire pour la substitution du patronage libre au prin- cipe de Porganisation ofiicielle.

Les reponses des gouverneurs et des deputations provinciales furent unanimes a reconnaitre la non-reussite du patronage ofliciel.

La deputation de la province d’Anvers ajouta meme que le patronage organise par le gouvernement est moins une institution de bienfaisance et de protection qu’un moyen de tenir les liberes sous les yeux et la surveil- lance de la police.