PATRONAGE one connmmts Lmnaes. 739

187 5 : Yadministration francaise y exclut,en realite,du benéfice du patro- nage la categorie des liberés qui, entre toutes, necessiterait un sauvetage moral, a savoir: les réclusionnaires qui sortent des redoutables metropoles de corruption sans digues et de recidives sans delai denommees ~ maisons centrales n.

i H. Destiné a procurer, independamment d’un appui moral, un pre- mier asile et un premier travail lors de la sortie du prisonnier, le patronage doit, en fait d’assistance materielle, ne comporter, autant que possible, d’autres secours que des secours en nature ou de modiques avances a titre de pret ouvrier.

La surveillance et les formalites de police sont une aggravation de Pobstacle, trop souvent infranchissable par lui-meme, qui nait de la con- naissance ou de la divulgation des antecedents du libere.

Faciliter, en pareil cas, Pexpatriation serait, assurément, le meilleur parti a prendre par les Societes de patronage. Mais une mesure de cette gravite ne saurait etre qwexceptionnelle, ne ffit-ce qu’a raison des difli- cultes et des frais d’execution. Moins diflicile et plus frequent deviendrait peut-etre le secours que les Societes privees se preteraient mutuelle- ment a Peifet d’échanger, en quelque sorte, leurs patronnés. Ainsi s’atte- nuerait autant que possible, par Péloiguement, le péril de la rencontre de oompagnons de captivite, en meme temps que la repulsion. Les Societes devraient pouvoir compter, la o1‘1 il existe des etablissements do PEtat ou des travaux entrepris sous la direction de ses agents, sur Padmission de leurs proteges. Meme observation quant aux travaux interessant les muni- cipalites, les provinces ou les departements.

Les Commissions, non oflicielles, bien entendu, de patronage auraient aussi a se preoccuper assidfiment,en France, de nantir les liberés de livrets ou de certificats d’identité; la plupart d’entre eux en sont dénues et cela

leur faitinterdire l’entree dans tout atelier ou au service de tout patron"

honnete

Qu’il me soit permis, en terminant ces quelques remarques hatives, d'em- prunter textuellementlepassage suivant a un rapport inedit en reponseala circulaire du 15octobre 1 875: v Le voeu est tres-expressément emis de voir Padministration encourager en vue du patronage des liberés adultes (les seuls dont il ait eté ici question) toute initiative privée, qu’elle soit collec- tive ou individuelle, pourvu que se rencontrent toutes garanties de persé- verance comme de moralite, en meme temps que des ressources ».