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importance pour nous, Belges, il n’en est pas de meme pour d’autres pays. Tous ceux qui s’occupent du patronage de condamnes liberes doivent, avant tout, lutter pour l’a- bolition des peines infamantes. Le condamne frappe d'une peine infamante sait qu'une tache indelébile s’attache a lui : sa pensee, pendant tout le temps de sa detention, est de se venger de la societe qui l’a ainsi puni. Il se sait irrevocablement rejete de la famille humaine. Et, en etfet, messieurs, qui de nous voudrait employer a son service, malgre toute la philanthropic qui peut nous caractériser, un homme qui a été marque du fer rouge Z’ Un prejugé poursuit cet homme, et vous connaissez la force du pré-

juge’.

M. Bonus, docteur en medecine (Charleroi). Le rapport que nous venons d’enten- dre debute de cette maniére : alfutilité ou plutot la necessité du patronage du con- damne liberé n’a plus besoin aujourd’hui d’étre demontree». Cela n’est vrai que rela- tivement. L’utilite ou la necessite de ce patronage n’a plus besoin d'étre demontrée pour les partisans du systeme cellulaire; mais pour les personnes, encore assez nom- breuses, qui n’approuvent pas ce mode de réclusion, il est loin d’étre demontre que les condamnes qui ont subi leur peine doivent étre l’objet d’une protection speciale. En eflet, ily a une correlation intime entre le systéme cellulaire on Pisolement complet des detenus et le patronage a Pexpiration de leur peine; cette correlation est tellement

, intime qu’on ne saurait dire si le patronage est une consequence du systéme cellulaire

ou si Pisolement des détenus n’a pas eté inspiré par 1’idee de ramener dans la bonne voie an sein de la societe les malheureux qui, par ignorance ou par passion, s’en etaient écartés.

lsoler le detenu, c’est le soustraire an contact,’ a Pinfiuence des coupables on des criminels: c’est le premier pas ou le premier degre du systéme de moralisation et de rehabilitation que les philanthropes de notre époque et de notre école ont voulu inau- gurer en instituant les prisons cellulaires. Mais si vous isolez le condamne pendant qu’il est en prison et si vous Pabandonnez ensuite a lui-meme. si vous ne persistez pas a lemettre en rapport avec les honnétes gens, a Paidei- a trouver un travail remunera- teur, ne courez-vous pas risque d’avoir perdu le fruit de l’isolement? Ce condamné ne va-t-il pas etre bafoue, honni par les bons et entrainé de nouveau dans le vice par les méchants l’

Uisolement sans le patronage me semble donc un non-sens, une oeuvre sterile.

Si, d’un autre cote, vous admettez que le patronage doit s’exercer sans étre precede de l’isolement en prison, n’est-il pas présumable que tous vos efforts iront échouer contre les consequences de la vie en commundes détenus, dest-a-dire de tous les mau- vais sujets, des voleurs R des vagabonds de toute catégorie ‘P

Je ne m’arreterai pas ici a discuter l’opinion des penseurs qui voudraient qu’il n’y emit ni isolement des condamnés ni patronage aprés la liberation. Je constaterai seule- ment que le nombre des adversaires de ces deux réformes sociales, qui, au fond, n’en constituent qu’une seule, diminue de jour en jour..

En Belgique, on peut le dire, nous avons adopté le systéme cellulaire dans toute sa rigueur et avec toutes ses consequences. Cependant, comme l’honorable rapporteur vous l'a dit tout-alheure, nous avons néglige de mettre en pratique le seul systéme de patronage qui pouvait amener des résultats serieux. Nous avons eu ce que M. Ste- vens appelle a bon droit le a patronage ofliciel», qui n’a pas duré, qui est completement