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tombé et que nous ne regrettons pas. Le véritable patronage philanthropique, humani- taire, nous ne le possédons pas. Aussi, au nom des partisans du systéme cellulaire,psi nombreux dans notre pays, je nc puis que féliciter le Congrés d’avoir eu la bonne pen- sée de mettre a Yétude la question du patronage des libérés.

Comment faut-il organiser ce patronage ‘P

C’est ce que je vais essayer de vous apprendre, aprés avoir présenté quelques considerations préalables. i

Je vous ai dit que notre systéme cellulaire est appliqué dans toute sa rigueur, qu’il est arrivé a un degré de perfection qui laisse peu a désirer. J e dois ajouter, maintenant, que la sollicitude qu’on a déployée et qu'on déploie chaque jour de plus en plus aPégard des prisonniers pour améliorer leur sort durant leur détention, pour les amener autant que possible a posséder un esprit sain dans un corps sain tend a Pexagération et finira par manquer le but en le dépassant en raison méme de l'absence d'un patronage efficace aprés la libération.

Que trouvons-nous aujourd'hui dans nos prisons? Une telle sollicitude pour les déte- nus que tout ce qui les approche : gardiens. directeur, Commissions administratives, instituteurs, aumoniers, médecins, semblent étre a leur service, a leur discretion. On veut insinuer de sages préceptes, inculquer d’excellents sentiments aux condamnés pendant leur séjour en prison et, en l’absence d’un patronage qui les suive au-dela de l’enceinte cellulaire, on espére arriver au but en subordonnant a leur éducation morale et physique toutes les volontés, toutes les facultés des honnétes gens qui se trouvent momentanément en rapport avec eux. En marchant dans cette voie, en oubliant d'orga~ niser le patronage des libérés, en cherchant de plus en plus a confondre le patronage et Pisolement, de maniére que tout se fasse ala fois pendant la détention et qu’aprés on ne fasse plus rien, ne voyez-vous pas qu’il arrivera un jour ou les prisons ne seront plus un lieu d’expiation, mais un asile, un refuge ou tous les mauvais sujets, indistinc- tement, trouveront un bien-étre qu’ils n’ont jamais connu chez eux et on ils ne crain- dront plus d'étre envoyés PAu lieu d'inspirer le dégout, l’horreur de la prison, vous la faites prendre presque en affection par une foule d’individus qu’on pourrait appeler a les récidivistes de bon coeur ».

Suivant moi, il est urgent de compléter notre systéme cellulaire ou plutbt de le modifier par l’institution d’un patronage bien entendu et sagement applique.

La premiere question que Forateur a soulevée en abordant la discussion est celle-ci: a Faut-il que le patronage soit libre ou faut-il qu’il soit officiel ‘s’ » En d‘autres termes,

s'agit d’examiner si pour organiser et appliquer Pinstitution du patronage, Pinter- vention du gouvernement est utile ou s’il est préférable de s’adresser uniquement a Pinitiative privée.

Je ne suis pas, messieurs, de ceux qui regardent Pintervention du gouvernement comme une chose nuisible. Dans cette grands famille qu’on appelle la nation, il est évident que le gouvernement n’est pas toujours, mais qu’il devraitvtoujours étre une espéce de tuteur, un appui, un aide,un protecteur. Et, a cet égard, si Faction tutélaire du gouvernement ne se faisait sentir que pour le bien, s’il n’y ava-it pas de revers a la médaille, si le gouvernement étendait une main bienveillante indistinctement a tous, et un peu partout, on ne redouterait pas son intervention, on ne craindrait plus de le voir s’occuper des afiaires locales; au contraire, tout en maintenant leurs droits et leurs privileges, les citoyens réclameraient volontiers le concours de Pautorité et des

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