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PATBONAGE DES CONDAMNES LIBEBES.

lumiéres du gouvernement pour assurer le fonctionnement des institutions humani- taires dues a leur initiative.

Mais il faut bien le dire : en Belgique, nous avons peur de Pintervention du gouver~ nement.

ll en est de méme ailleurs, paralt-il, puisque, dans une de nos derniéres séances, on a déclaré que les Caisses d’épargne qui sont patronnées par les gouvernements tombent partout en désarroi.

La plus grande partie du rapport de M. Vander Linden roule sur une idée analogue : a Le patronage des libérés institué par le gouvernement , dit-il, a toujours été ineffi- cace; chez nous, il est pour ainsi dire complétement tombé n.

Ce fait est regrettable; mais il a une cause que je vous demande Vautorisation d’indiquer sommairement : cela me permettra, du reste, d’arriver a vous exposer com- mentje voudrais que le patronage fut organise’.

Je crois que notre gouvernement a un outillage trop compliqué, que le travail admi- nistratif est trop divisé. Il y a, chez nous, une hiérarchie de fonctionnaires trop com- plexe, des interventions secondaires trop multipliées qui enrayent la marche des afiaires et suppriment, en partie, les responsabilités personnelles. Telle affaire qu’un ministre endosse et défend unguibus et rash-o a parfois été étudiée, traitée et baclée par un simple commissaire-voyer.

On parle souvent de decentralisation administrative. C’est une excellente chose. Chez nous, Pautorité supérieure émane des Chambres, se porte de la au gouvernement, de celui-ci aux ministéres, des ministéres aux administrations spéciales, de celles-ci aux gouvernements provinciaux, de 1a aux commissaires d'arrondissements, et puis aux communes. Cela est parfait. Voila une belle et bonne direction du pouvoir. Mais ce qui ne nous parait plus aussi bien imaginé, c’est la recomposition de cette decentralisation apparente, c’est la reconstitution de cette division de pouvoir fictive. En etfet, pour les moindres aifaires tous les fils, tous les degrés de cette organisation administrative se reportent vers le centre, de sorte que nous avons ici, et c’est un peu la méme chose en France et ailleurs, une décentralisation parfaitement central isée. Je pense que c’est la une des principales causes du discrédit qui s’attache a l’action, a l’intervention gou- vernementale.

Je ne veux pas insister sur ce sujet; je me contenterai de vous faire toucher du doigt quelques-unes des consequences de ce systéme gouvernemental a décentralisateur cen- tralisé n par deux petits exemples :

Quand vous avez un reproche ou un ordre a transmettre a l’un de vos domestiques, si vous le faites vous-meme, vous avez toute chance d’étre respectueusement écouté et obéi ; si vous chargez un autre de vos domestiques de transmettre ce reproche ou cet ordre, vous avez deux chances : c’est que vos paroles seront mal transmises et qu’elles seront mal recues.

Supposons Pinverse. Supposons que vous ayez une félicitation, un compliment a adresser a l’un de vos domestiques ; vous le transmettez a celui qui est hiérarchique- ment sous vos ordres; celui-la le transmet a un autre, et quand le compliment arrive a son adresse a-t-il encore tout le prestige qu’il aurait eu en venant de vous direc- tement P '

ll en résulte qu’en passant par la filiére et tous les rouages d’une administration, les choses agréables perdent de leur prix et les choses désagréables le deviennent davan- tage.