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Au moment de la libération du plus jeune de ces quatre enfants que fallait il faire ? Mettre sur la rue, a cinq lieues de son village, une petite fille de sept ans qui n’avait jamaisvu Charleroi? ou la retenir en prison illégalement, ainsi que son petit frére et sa seconde soeur, en attendant que la troisiéme, Painée, cut fini son temps de détention l’ Nous avons tourné la difliculté en improvisant une Société de patronage pour renvoyer les enfants chez eux.

Je n’ajouterai qu'un mot a propos des jeunes délinquants. Uemprisocnement cellu- laire parait une peine si sévére pour les jeunes sujets que ceux-ci trouvent des cocurs compatissants dans tout le personnel attaché a leur surveillance. Qu’en résulte-t-il? La peur salutaire que doit inspirer la prison aux enfants ne tarde pas a s’,évanouir dans l’esprit de ceux qui ont été condamnés a l’is0lement pour des peccadilles. lls ne se souviennent gucre que des soins et des attentions dont ils ont été l’objet. Aussi, au lieu de rendre ala société de jeunes libérés dociles et repentants, on risque de ne lui remettre que des apprentis voleurs qui n'auront plus aucune crainte de la prison.

Tout cela pourrait étre modifié si nous possédions un bon patronage des libérés.

Quant aux trois autres categories de détenus qu’il me reste a examiner, je me bor- nerai a dire que je voudrais y voir établir quelques divisions qui me semblent néces- saires au point de vue de Porganisation et surtout des attributions qui devraient étre données aux Comités de patronage. Ainsi, on pourrait baser ces divisions sur la nature et la gravité des délits qui ont donné lieu a l’emprisonnement, en admettant, par exemple, deux classes de grands criminels, deux classes de voleurs et deux classes de vagabonds. ,

Je ne crois pas devoir insister ici sur l’importance de ces distinctions. Vous recon- naitrez volontiers avec moi, messieurs, que parmiles assassins, il en est qui ont com- mis leurs crimes avec préméditation et dont le caractére est profondément vicieux et d’autres qui ont cédé pour accomplir leurs méfaits a des passions passagéres, a des sentiments exaltés de haine, de vengeance ou de colére ; qu’il est des voleurs qui volent par habitude, par paresse, avec violence et audace, et d’autres qui volent clan- destinement, avec ruse, avec timidité mémeEnfin, dans le groupe des vagabonds, il y a les vagabonds nomades et les ivrognes et mendiants qui ne changent pas de domicile et qui réclament une attention et des soins tout particuliers.

L’honorable M. Vander Linden a traité une troisiéme question. aQuel est, s’est-il demandé, le but du patronage ct quels sont les moyens de réhabiliter et de régé- nérer les condamnés P »

Le but que doivent se proposer les Comités de patronage, c’est de ramener les cou- pables dans la bonne voie et de leur donner ce qui leur a manqué presque toujours au début de leur carriere: l’instruction et l’éducation.

Quant aux moyens d’arriver a ce résultat, ils sont nombreux, mais faciles a connai- tre. Les Comités de patronage n’aur0nt aucune peine a trouver ceux qui lui paraitront les plus pratiques et les plus efiicaces dans le ressort de leur action moralisatrice. Il y a, d’abord, Fisolement des détenus pendant l’emprisonnement, sauf cer- taines restrictions a établir en faveur des jeunes délinquants. Ensuite, il est néces- saire que le patronage commence a s’exercer des les premiers jours de Pincarcération des condamnés. ll ne faut pas attendre l’heure de la. liberation pour engager les pli- sonniers a prendre telle détermination, a occuper telle charge dans la société. C’est aux divers Comités qu’il appartiendra de determiner le mode de leur intervention dans ces essais de moralisation etde rehabilitation des sujets que la justice a frappés.