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prisons. Aussi ces Commissions sont-elles devenues une espéce de superfétation plus génante qu’utile.

Pour ma part, je voudrais convertir les Commissions administratives actuelles de prisons en Comités do patronage en les complétant, les organisant et modifiant leurs attributions de la maniére suivante :

J'ai dit qu’il ne fallait pas repousser d’une maniére absolue Pintervention du gou- vernement méme dans les aflaires d'intérét local et dans les institutions dues a Pini- tiative privée, mais que cette intervention devrait avoir un caractére oflicieux, tuté- laire, sympathique et nullement ofliciel, autoritaire. Appliquant ces principes a l’in- stitution du patronage, je desirerais que celte institution fut complétcment indépen- dante du pouvoir administratif des prisons, mais en rapports directs et permanents avec lui. Ainsi, un Comité composé de quinze personnes serait établi dans chaquo localité oil se trouve une prison. Parmi ces personnes, figureraient le procureur dn Roi, qui représenterait le Ministére de la Justice et qui s’occuperait de tout ce qui concerne les dossiers judiciaires ; le Commissaire d'arrondissement, dest-a-dire le sous-préfet, lequel représenterait le Ministére de Plntérieur et le maire ou bourg- mestre de la localité. Ces trois autorités représenteraient le gouvernement et la population locale. A ces personnages officiels, on adjoindrait douze membres, huit hommes et quatre dames, qui sbccuperaient spécialement : les premiers des détenus et des libérés, les secondes des détenues et des libérées.

Dés leur entrée en cellule les condamnés seraient l’objet de la sollicitude du Comité de patronage, qui les visiterait, les entendrait, étudierait leurs allures, leurs aptitudes, leur défauts et leurs vices.

La ne se bornerait pas sa mission. C’est surtout aprés leur libération qu’il s’efi'or- cerait de les aider a se réhabiliter dans la société. Sans doute, la tache ne serait pas‘ toujours agréable ni facile, mais je ne doute pas qu’elle finirait par exciter le zéle de tous ceux qui voudraient bien y consacrer une partie de leurs loisirs.

On nous a proposé tout-a-Pheure de placer au-dessus des Comités de patronage locaux un Comité central qui leur servirait de lien, de guide et de conseil. Je ne par~ tage nullement a ce sujet l'opinion de M. Vander Linden. C’est toujours le vieux sys- téme de décentralisation centralisée.

Je demande, au contraire, que les Sociétés de patronage soient tout-a~fait autonomes et indépendantes et que le gouvernement, a leur égard, ne prenne d’autre souci que de s'efi'orcer a favoriser autant que possible Paccomplissement de leur philanthropique

mission.

Je demande aussi que les Comités de patronage puissent entretenir facilement entre eux des rapports permanents, de maniére a pouvoir se transmettre réciproquement les renseignements nécessaires sur le compte de leurs protégés et a pouvoir, au besoin, transférer les libérés d’une1ocalité dans une autre pour les dépayser et surtout pour faciliter leur emploi dans la compagnie des honnétes gens, ce qui est parfois trés~ difficile dans les lieux oil ces libérés ont vécu et sont connus de tout le monde.

ll nous est interdit de formuler des voeux, quoique d’autres sections Paient fait sans soulever la moindre protestation de la part de leurs bureaus. Pour me conformer a notre réglement, je me bornerai donc a demander si l’honorable rapporteur ne consen- tirait pas a ajouter une quatriéme conclusion a celles par lesquelles il a terminé son rapport? Cette conclusion serait concue en ces termes: a ll est utile de modifier Porga- nisation et les attributions des Commissions administratives actuelles des prisons pour