DEPOPULATION mas catamarans. 78!

Aujourd’hui, ces réserves sont défrichées; on doit demander aPétranger ou aux mines, par Pentremise du commerce et de Pindustrie, ce que l’on demandait jadis aux foréts et aux piiturages. La culture intensive nécessite Pemploi et, par consequent, Pachat d'une quantité de matiéres fertilisantes dont Pusage peut seul compenser les pertes qu’elle fait subir au sol. ll faut donner une nouvelle puissance de production a cette terre que l’on veut forcer a produire une récolte double de celle dont se contentaient nos péres. Cette augmentation de production est devenue nécessaire le jour ou il a fallu s'occuper sérieusement de diminuer le prix de revient des grains du pays pour sou- tenir la concurrence des grains étrangers. I

Les champs cultivés sont donc plus vastes qu'ils ne l’étaient jadis; nous n’avons plus pour les fertiliser les ressources que nous trouvions dans les productions spontanées des terres incultes. Il faut aller chercher dans le régne minéral, par l’application de la chimie, des résultats qu'on ne trouve plus dans le régne végétal. Mais des que vous devez acheter des quantités de matiéres premieres pour les soumettre a une trans- formation dans la ferme, c’est-a-dire dans l’usine agricole, vous étes obligés de demander Porganisation d’un crédit devenu nécessaire a votre industrie.

Jadis, Pagriculteur limitait son travail a Pextraction des richesses du sol; aujour: d’hui, il transforme dans le sol les matiéres qui formeront le pain, les tissus, les huiles ou les sucres et la viande. Uagriculture est devenue, depuis les grandes découvertes des agronomes et deschimistes francais et allemands, une véritable industrie; dés lors, "vous étes bien obligé de lui donner ce que vous ne refusez pas a toutes les autres industries du pays : du crédit et de l’escompte pour ses ventes ou ses achats.

C’est cette bonne organisation du crédit qui permettra au cultivateur (Yaugmenterla puissance d'action de son capital, comme le font aujourd’hui le négociant et Pindus- triel. Le plus petit commercant peut actuellemant tripler tout an moins l’action de son capital; Pagriculteur doit s’adresser a des banquiers d’occasion et, dans tous les cas,

i aliéner une liberté d’acti0n ou payer des intéréts sinon usuraires, au moins ruineux

pour les capitaux qu’il veut se procurer en escomptant les valeurs qu’il produit. Je pourrais nommer des fabricants de sucre qui sont obligés, depuis quelques années, d’avancer des sommes considérables aux cultivateur-s qui leur procurent les betteraves nécessaires a leur industrie. Les avances qu’ils font de ce chef s’élévent maintenant, dés le mois de février ou de mars,aux deux tiers de la valeur des betteraves livrables au mois d’octobre, c’est-a-dire sept ou huit mois plus tard.Ainsi en admettant qu’un fabri- cant de sucre consomme dans sa fabrique trente millions de kilogrammes de bette- raves d'une valeur moyenne de vingt francs les mille kilogrammes, il devra avancer environ quatre cent mille francs aux cultivateurs. Dés lors, ou le fermier lui paiera non pas 2 1/2 ou 3 1/2 pour cent d’escompte, comme le négociant paie a la Banque nationale, mais au moins le double, ou bien si le prét se fait a titre gracieux, le fabricant trouvera bien d’autres moyens de rentrer dans ses avances. Dans tous les cas, Pagriculteur supportera une charge écrasante par suite de cette opération. Et, cependant, la culture de la betterave n’est vraiment rémunératrice qu’a la condition de

- faire des achats d’engrais, dest-a-dire des avances a la terre pour une somme qui n’est

guére inférieure adeux cents francs par hectare et qui atteint souvent trois cents francs pour la méme étendue de terre.

ll est évident que si de puissants établissements de crédit, ayant des ressources toutes spéciales, comme la Banque nationale par exemple, pouvaient mobiliser les capi- taux de l’industrie agricole, pouvaient escompter le papier et les valeurs de l’agricul-