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DEPOPULATION DES OAMPAGNES.

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prohibition pour maintenir dans un état brillant de prospérité et de progrés Pindustrie mere : Pagriculture.

Lorsque nous jouirons de tous les avantages dont on a largement doté l’industrie et le commerce, nous verrons grandir la population rurale, et l’on ne parlera plus de la dépopulation des campagnes. (Applaudissements)

M. MARJOLIN, chirurgien honoraire des hopiutaux (Paris). —- Messieurs, ce n’est pas étre un arriéré que de savoir conserver tout ce que nous avons appris de bon et d’utile de nos péres et ce n’est pas non plus étre un révolutionnaire que d'accepter le progrés 1a ou il existe réellement. Vouloir rester toujours partisan d’idées extremes, sans tenir compte des faits démontrés par Pexpérience, best chose dangereuse; il faut donc avant tout avoir la raison de profiter des exemples que nous avons sous les yeux, aussi bien pour accepter ce qui est utile que pour éviter ce qui est nuisible. (Test en cela que les discussions qui ont lieu dans cette enceinte seront d’un enseignemcnt précieux pour faire sinon disparaitre, au moins pour atténuer plus d’une misére sociale.

ll y a aujourd’hui, en ce qui touche la dépopulation des campagnes, des causes qui sont la consequence inévitable de notre civilisation. Non-seulement elles persisteront, mais elles s’accroitront a mesure que les villes s’agrandiront, que les chemins de fer so multiplieront et que l’on continuera a donner a la jeunesse des campagnes un genre d’instruction dont on n’a pas, assezicalculé les suites. Et lorsque je dis que Pémigration des campagnes est en grande partie due aux progrés de la civilisation, je ne crois pas avancer une proposition inexacte. Voyez, en efiet, ce qu’il faut aujourd'hui de gens pour assurer la propreté, Péclairage et 1a circulation dans une grande ville: il faut tout un monde.

Prenons un exemple : 750 omnibus traversent journellement Paris. Combien croyez-vous que ce seul service exige d’hommes i’ 4,000. Supposez maintenant que 2,000 d’entre eux soient mariés et qu’il y ait un enfant par ménage, vous arriverez de suite au chiifre de 8,000 personnes. Si j’ajoute qu’il y_a, en outre, plus de 10,000 voitures de place ou de remise dans Paris, vous aurez par la un apercu du chiffre énorme d’indi- vidus uniquement employés au transport des habitants ou des Voyageurs.

Aujourd’hui, et ce n’est pas une exagération, le personnel de certaines administra- tions est aussi considerable que la population de bien des villes.

Nous nous préoccupons avec raison de la dépopulation des campagnes, mais nous oublions trop qu’avec notre maniére de vivre vite et nos exigences excessives nous sommes pour beaucoup dans 1a cause de ce mal. Nous avons entiérement change les habitudes des ouvriers. Ainsi, il y a quarante ans, on mettait trente mois a construire une maison ; pendant l'hiver les travaux était suspendus ; la plupart des corps-rfétat du batiment retournaient dans leurs foyers pour n’en revenir qu’au printemps; Pargent qu’ils avaient épargné dans la belle saison était employé aPachat d’un morceau de terre, qui, chaque année, s’augmentait, et c'était sur ce morceau de terre-la que les ouvriers revenaient plus tard se reposer au milieu des leurs ; a cette époque, il était rare de voir Pouvrier abandonner pour toujours son pays natal. Aujourd’hui, cette bonne coutume a disparu. Pour satisfaire nos désirs, nos fantaisies, on travaille en toute saison, l’hiver comme Pété, la nuit comme le jour. Pour éviter les gelées, la neige, la pluie, on couvre les chantiers ; si l’on a besoin de veiller, on emploie la lumiére électrique ; jamais de repos ; il faut que la besogne marche a toute vapeur et qu’elle soit achevée promp- ‘cement. Sera-t-ellebonne? C’est une autre question. Avec ces nouvelles habitudes,