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non-seulement il n’y a plus de limites pour les salaires, mais les ouvriers s’éta- blissent définitivement avec leur famille dans les villes; ils abandonnent pour toujours leur pays. C’est ainsi que les campagnes deviennent de plus en plus désertes.

A cette cause, qu’il n’est plus possible de combattre, si vous ajoutez encore le genre d’instructi0n trop communément adopté actuellement dans les campagnes, vous verrez combien il est diflicile de remédier au mal, tant il est grand, tant il s’est étendu.

Loin de moi, messieurs, la pensée de contester la nécessité de l’instruction pour tons; mais autant, lorsqu’elle est bien dirigée, elle profite a celui qui la recoit et au pays qui la donne, autant elle est nuisible a tous deux lorsqu’elle est mal comprise. Dans ce dernier cas, elle ne produit, la plupart du temps, que des individus déclassés, impropres a tout travail sérieux et n’ayant d’autres aspirations que le trouble et le désordre. Que m’importe que le fils d’un laboureur sache le nom des généraux d’Alexandre, s’il rougit de son pére, honnéte cultivateur, et de sa bonne mére qui l’a élevé dans Pamour du pays : si l’on croit que cette instruction superficielle est un progrés, on se trompe ; on fait tausse route. Malheureusement, les parents sont souvent les premiers A pousser leurs enfants dans cette voie déplorable ; ils veulent en faire non plus des artisans labo- rieux, mais des citadins, des employés d’administration, des avocats, des médecins. Consultez sur ce point les directeurs d’écoles : ils vous diront que c’est la vérite’. Pent- étre aussi pourrions-nous ajouter que ceux~ci sont assez disposés a ‘les encourager dans cette malheureuse idée. i

La Société des agriculteurs de France a tellement compris les dangers d’une pareille

_ situation et la nécessité d’y remédier promptement qu’elle a fondé des prix pour les

instituteurs et institutrices dont Penseignement aurait pour but de rattacher les enfants a la campagne en développant chez eux le gout de Pagriculture et des professions qui s’y rattachent. C’est la une excellente mesure que j’ai pensé devoir vous signalor parce qu’elle a déja produit de bons résultats.

Deux autres causes, messieurs, contribuent beaucoup a la dépopulation des cam- pagnes; elles ont été plus d’une fois signalées par les économistes qui se sont occupés de cette question : ce sont, d’une part, les grandes armées permanentes ; c’est, (Tantra part, l’habitude qui semble s’introduire depuis ces derniers temps dans quelques familles de proportionner le nombre de leursienfants a l’étendue de leur fortune; calcul odieux contre lequel on ne saurait trop s’élever ! (Applaudissementa)

M. DUMOUSTIER on FnfinmLY, directeur du Commerce intérieur (Paris). Il est évident, messieurs, que Pagriculture manque de bras; c’est un fait incontestable.

Quelles sont les causes lde 1a dépopulation des campagnes? Elles sont trés-diverses; je ne veux pas les rechercher. Uessentiel serait de determiner les moyens de porter reméde a la situation qui a été signalée et qui est digne de Fintérét de tous. J’en vou- drais de plus eflicaces que ceux qui ont été préconisés.

<< Dans les campagnes, dit-on, Pargent fait défaut n . Je le crois. En France, nous avons créé de grandes institutions de crédit pour venir en aide aux populations agri- coles; parmi ces institutions, nous devons citer 1e Crédit foncier, le Crédit agricole qui ont déja prété des sommes considérables bien qu’insufiisantes aux propriétaires fonciers. Malheureusement, ces institutions de crédit n’ont pas répondu a Pattente générale; des établissements de cette nature ont besoin de renouveler fréquemment leurs valeurs, sinon leur mouvement se ralentit. Quelle a été surtout la grands difli~