—. f-ryx -"-'-

nnroruurlon nus cannons. 785

culté? Pour Pindustrie et le commerce, les effets arrivent a échéance, et, grace a Dieu! dans tous les pays, les défauts de paiement sont rares. A la campagne, ce n'est plus la méme chose. Les valeurs signées par des cultivateurs ne sont pas, a propre- ment parler, des valeurs commerciales; la circulation en est difficile et, permettez-moi de le dire, la Banque de France ne les prend pas. Or, la Banque de France est cet immense réservoir auquel on ne s’adresse jamais en vain et qui ne s’épuisera jamais, mais a 1a condition que le paiement des valeurs qu’el1e accepte ne reste pas en souf- francs. Si la Banque de France ne préte pas son concours, comment voulez-vous que, dans les départements, des banques spéciales, comme on le propose, puissent se con- stituer et garder dans leurs portefeuilles des valeurs sans circulation possible? ll fau-

draita ces banques des capitaux trés-considérables. Le crédit peut-il les leur pro-

curer?

Quant a la question des transports, sans doute il faut que les chemins de fer se mul- tiplient et que les tarifs soient aussi bas que possible. Mais, ici encore, nous sommes en présence d'une difficulté bien grande. Pour faire des chemins de fer, il faut de Pargent, et pour trouver cet argent, il faut une rémunération assurée aux capitaux engages. L’Etat ne peut pas assumer la charge des chemins de fer d’intérét agricole et local. On afait des chemins de fer départementaux; au début, on a promis monts et merveilles : ces chemins sont, pour la plupart, a l’état de liquidation. Les grandes Compagnies les rachéteront peut-étre a 50 pour cent de réduction sur les dépenses etfectuées, et encore i ce prix y trouveront-elles une rémunération assurée '2’

De ce cbté donc, nous nous heurtons encore a des difficultés extrémes.

Hais a cOté du chemin de fer, espoir lointain, il y a la vicinalité. Cela me rassure. Chez nous la vicinalité a fait de grands progrés. Les produits agricoles n’exigent pas

- un transport rapide, mais un transport économique. Le transport par les voies vicinales,

au moyen de machines locomobiles, est une question de temps; il y a peut-étre 1a une heureuse solution. Quant a moi, je garde l’espoir que nous y arriverons.

Je regrette de ne pouvoir étre d’accord avec Porateur qui nous a dit que nous ne devions pas trop rechercher le progrés. Je ne suis pas de ceux qui pensent que Pagri- culteur d’aujourd’hui doit porter la blouse et parler le langage grossier d’autrefois. ll y aun intérét de moeurs, un intérét d’élévation d’esprit, un intérét de bons senti- ments a ce que le bien-étre sous toutes ses formes se répande partout ; c’est la le pro- grés vers lequel nous devons tendre. Comment ce progrés se réalisera-t-il? Par l’école. Nous avons en France deux genres d’instruction: Pinstruction primaire pour tout le monde ; puis, l’instruction professionnelle pour chaque industrie spéciale, Pagriculture comme les autres. De Pinstruction primaire, je ne vous dirai que quelques mots. Son programme comprend: lalecture, l’écriture, les éléments du calcul, quelques notions d’histoire et de géograpbie. Je crois que ce programme n'est pas trop vaste et qu’il est parfaitement approprié aux jeunes intelligences auxquelles il doit s’adresser. Bien- tot, tous nos enfants recevront cet enseignement; nous n’avions eu, jusqu’a ces derniers temps, pour les 36,000 communes de notreqaays que 11,000 instituteurs, dit-on. Mais la situation s’amé1iore. Nos Chambres législatives se sont montrées trés-libérales ; nos écoles normalesnse remplissent; les instituteurs qui en sortiront présenteront toutes les garanties et nous permettront de doter toutes les communes de France d’écoles sagement dirigées. '

Je ne crains pas les emportements de quelques instituteurs dont on a parlé; ce sont la des exceptions. La grande majorité est dévouée, intelligente et comprend sa mis-

ll 50