786 TROISIEME SECTION. - ECONOMIE SOOIALE. sion; elle accomplit son apostolat et partout ou elle est, a la campagne ou dans les villes, elle sait qu’elle est au poste du devoir. '

J ’arrive a Penseignement professionnel. Si je n’étais pressé par le temps, fessaierais d’établir devant vous ce qu’est cet enseignement et de vous démontrer combien Porga- nisation en est belle, grande et complete. Mais je ne toucherai a 1a question qu’en tant qu’elle se rattache an probléme qu’il nous est donné d‘étudier. Uenseignement agricole a été longtemps arriéré. De grands efforts ont été faits depuis lors; Padminis- tration a été secondée dans cette voie par les voeux et les encouragements de toutes les Sociétés d’agricu1ture de France. Aujourd’hui méme, s’ouvre a Paris, au Conser- vatoire des arts-et-métiers, l’lnstitut agricole, ou des jeunes gens, en grand nombre, vont suivre les cours de professeurs éminents. Il en sortira, n’en doutez pas, des agriculteurs distingués, des ingénieurs utiles qui aideront au progrés.

Depuis longtemps, nous avons trois écoles spéciales; chaque année, le nombre de leurs éléves augmente: qui ne connait l’école de Grignon? Parmi ces éléves, il ya des jeunes gens de toutes les classes et de tous les rangs. Le nombre des bourses a. été augmenté; il ne faut pas que Penseignement soit donné seulement aux jeunes gens de famille. Aprés cela, nous avons Penseignement pratique des fermes-écoles,subsidiées par l'Etat et dotées de bourses par les départements. Nous avons, en outre, un ensei- gnement nomade en quelque sorte ; des cours spéciaux, organises dans les départe- ments, propagent les notions de l’h0rticulture, de Parboriculture, de 1a viticulture.

Vous voyez, messieurs, que nous avons, en France, les éléments essentiels pour la realisation des progrés vers lesquels vous tendez.

Uagriculture est une grande industrie; c’est méme, j'en conviens, la premiere, et pourtant les bras lui manquent; n’accusez pas de cette situation les autres branches du

travail. Uindustrie des villes crée la richesse et procure la grandeur des Etats; elle a

aussi a besoin de bras.

Les progrés de la science, le développement de la mécanique procureront, sans doute, 1e reméde au mal. La mécanique industrielle réalise des merveilles; en sera-t-il de meme de la mécanique agricole? Espérons-1e. Si ce progrés se réalise, Pinsuffisance des bras pour les travaux de la campagne ne sera plus une souffrance.

En France, nous agissons vers ce but et l’enseignement industriel marche de pair avec l’enseignement agricole.

Un mot sur cet enseignement. ll a ses degrés et sa hiérarchie. Au sommet, le Con- servatoire des arts-et-métiers, ou les hommesles plus éminents da la science réunis- sent au pied de leur chaire des auditeurs dont le nombre dépasse deux cent mille par hiver. L’Ec0le centrale des arts-et-manufactures, créée par Finitiative privée, est deve- nue, par 1e don de son fondateur, propriété de l’Etat. De cette école, deux cents éléves sortent chaque année portant diplome d’ingénieur; le monde entier se dispute leur intelligence et leur talent. Entre les mains de1’Etat, 1a renommée de l’école ne faillira pas. A coté de cette grande institution, laissez-moi vous citer nos belles écoles d’arts-et- métiers d’Angers, de Chalons et d’Aix. Pour trois cents places a donner chaque année, le nombre des candidats dépasse mille. Les éléves viennent de toutes les parties du pays, sortent de toutes les classes sociales; Yaide de PEtat s’étend sur tous : sur les trois cents jeunes gens recus, il n’y aurait pas grande exagération a dire qu’il y a trois cents boursiers.

Comme pour Pagriculture, il y a sur tous les points de la France des cours spéciaux donnés gratuitement par des hommes d’intelligence et de coeur, encouragés par des

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