DEPOPULATION nus CAMPAGNES. 787

citoyens généreux, par les départements, par les grandes villes industrielles et par PEtat, cours suivis par prés de cinquante mille éléves.

Les écoles de commerce se développent et se multiplient.

Vous le voyez, messieurs, la France poursuit avec ardeur le développement et Pamélioration de son enseignement;e1le ne perd pas de vue, dans ses efforts cons- tants, le manque de bras qui cause la juste plainte de Pagriculture.

Grace a tous ces efforts, j’ai la conviction profonde que d’ici a quelques années Pagri- culture ne se plaindra plus et que Pindustrie, son émule et non pas sa rivale, conti- nuera. a développer la richesse et 1a grandeur des Etats. (Apjilaudissements)

M. le baron MACKAY, membre de la seconde Chambre des Etats-généraux (La Haye). En 1871, peu aprés mon entrée a la Chambre, je demandai au gouvernement hol- landais de s’occuper sérieusement de Penseignement agricole. La législature avait bien précédemment décidé la création d’une école ou cet enseignement devait étre donné, mais rien n’avait été fait. J ’eus enfin la satisfaction de voir les Chambres accor- der au gouvernement les fonds nécessaires a Pétablissement de l’école en question. La Hollande a done maintenant un Institut ou les propriétaires, les fermiers, les cul- tivateurs, etc. apprendront la science agricole. D'un autre coté, dans quelques pro- vinces, on a établi des cours spéciaux pour les instituteurs des écoles primaires rura- les, afin que ceux-ci soient a méme de donner les premieres connaissances agricoles aux enfants qui leur sont confiés. Les Sociétés d’agricu1ture se sont mélées a ce mou- vement social; elles ont organisé des conférences dans les diiférents centres ruraux : ces conférences se font a l’aide de subsides accordés par le gouvernement et la pro- vince; elles rendent les plus grands services.

On a eu raison de le dire : il n’y a pas d’industrie qui demande plus d’intelligence que Pagriculture. Le fermier, le cultivateur doivent avoir des connaissances économi- ques, zoologiques, géologiques, physiques, chimiques et mécaniques .

Les honorables préopinants ont considéré comme un mal la dépopulation des campa- gnes; je crois, quanta moi, qu’il faut établir une distinction. I1 y a, en effet, une dépo- pulation rurale qui est trés-regrettable, c’est la dépopulation physique, artificielle; mais on peut la corriger avec 1a dépopulation naturelle; dest-a-dire que si la famille n’a pas dans telle contrée les ressources nécessaires pour se développer dans des conditions normales, il faut Penvoyer dans d’autres localités ou elle puisse trouver ces ressources.

Quant a la question du crédit dans les campagnes, je signalerai l’institution existant en Australie, ou la terre est représentée a la Bourse par du papier.

M. LOBET, industriel (Verviers). Je tiens a établir, messieurs, que les excursions organisées par la Société des soirées populaires ne sont pas des parties de plaisir; elles ont un but scientifique et social ; elles permettentaux ouvriers des campagnes de se familiariser avec les nouvelles idées, les nouveaux procédés répandus dans les centres plus intelligents. Les excursionnistes récoltent souvent en route des connaissances qui leur servent et les aident dans leurs travaux.

M. SALOMON, ingénieur des mines (Paris). L’honorable préopinant a pleinement raison. Ce n’est pas dans le but de distraire 1’ouvrier rural qu’i1 est bon de lui montrer les grandes villes. Mais comme il ne trouve pas l’instruction nécessaire dans les cam- pagnes, il faut le conduire dans les centres qui la possédent.