BENJAIVllIi SULTE

Le premier Sulte (Jean Sulte (1) dit Vadeboncoeur (2)), sur certains indices plus on moins précis, naquit a Lille, France, en 1740, et arriva au Canada en 1758 (3). I1 était soldat dans un des regiments de Montcalm. En 1760, aprés 1a reddition de Québec et de Montréal, i1 s’établit aux Trois-Riviéres et y ouvrit une bou- tique de cordonnier et de sellier; en 1761, il épousa Therese Trudel. Il alla plus tard derneurer aux Forges de Saint-Maurice ou i1 exerga son métier pour retourner aux Trois-Riviéres on i1 vécutjusqufi sa mort. Leur fils, Joseph, fut forgeron au meme endroit et en 1795 il épousa Josette Dufresne. Le fils de ce dernier, Benjamin, aux Trois-Riviéres, y resta toujours; il était nawrigateur faisant 1e service de Québec a Halifax; il périt avec sa g0 élette qui fit naufrage le 15 novembre 1847 sur la cote de Gaspé, a 1a Riviére-aux-Renards. I1 avait épousé, en 1829, Marie-Antoinette Lefebvre, arriére-petite- fille de Jacques Lefebvre qui a laissé son nom a la Baie-du-Febvre, sur le lac Saint-Pierre, dont il fut le premier colon et le premier seigneur, 1683. C’est une seigneurie qui se peupla sans retard; le cas est rare. Ses descendants habitent encore cette ancienne pa- roisse.

Aujourd’hui, les plus agés de 1a famille Sulte sont les deux cousins, Charles Vadeboncoeur, quatre-vingt-cinq ans, et Benjamin Sulte, soixante-quinze ans. M. Charles Vadeboncoeur était en- trepreneur de construction, retiré depuis longtemps. Tous ses actes portent le nom de Sulte.

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BENJAMIN SULTE, (celui dont nous nous occupons), fils de Benjamin et de Marie-Antoinette Lefebvre, naquit aux Trois-Riviéres le 17 septembre 1841.

Avant que de fréquenter l’éco1e, i1 apprit a lire sur les genoux de sa mére, mais il était si jeune, si jeune, qu’il ne s’en rappelle pas: i1 est sous l’impression qu’il slit toujours lire et écrire, meme

(1)——De Gaston. dans son livre Origine. étymologie et slgnificatlons des nom: propres. dif que Sult, Sulte, Soult, sont des corruptions du vieux tenue soulte em- ployé pour designer un terrain. Alors: homme du sol, laboureur.

En Alsace il y a une ville dont 1e nom s'épe'.le tout comme: Sulte.

(2)—Le surncrn de Vadeboncocur appartient aussi a quinze ou seize familles canadicnnes qui dont aucune parenté avec les Sulte.

(3)-Non en 1756, comm: Font dit quelques biographes.